Quelque 3,8 milliards de personnes – autrement dit, la moitié de la population mondiale – n’ont, aujourd’hui encore, pas accès aux services de santé dont elles ont besoin. En dévoilant ce chiffre à peine croyable, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) souhaite démontrer la nécessité de la couverture santé universelle. Bien que ce thème ait déjà une journée qui lui est consacrée, le Universal Health Coverage Day (le 12 décembre), l’OMS veut souligner une fois encore l’importance du sujet en le mettant au cœur de la Journée mondiale de la Santé du 7 avril.

Un homme de 55 ans apprend qu’il souffre d’une forme rare de cancer, et qu’il ne pourra assumer le coût des soins dont il a besoin qu’en y consacrant toutes les économies de sa famille. Il décide alors de privilégier les études de ses enfants, aux dépens de sa propre vie. De tels témoignages émouvants diffusés par l’OMS pour promouvoir la couverture santé universelle font froid dans le dos. « Personne ne devrait avoir à choisir entre une bonne santé et les autres nécessités de la vie », plaide Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS.

La couverture santé universelle consiste à veiller à ce que chaque personne bénéficie de services de santé de qualité, où et quand elle en a besoin sans subir de difficultés financières. Actuellement, près de 100 millions de personnes vivent dans une pauvreté extrême, avec à peine 1,5 € par jour – voire moins – parce qu’elles doivent financer elles-mêmes leurs soins de santé. 12 % de la population mondiale consacrent au moins 10 % du budget du ménage en dépenses de santé pour eux, un enfant ou un autre membre de la famille qui est malade.

L’OMS lance donc une campagne de grande ampleur pour que ce problème soit pris en charge prioritairement. Les avantages liés à la couverture de santé universelle sont nombreux : une meilleure santé et espérance de vie de la population, moins de pauvreté et de risques de famine, plus d’emplois, une meilleure croissance économique et un rapport plus égalitaire entre les hommes et les femmes.